Communiqué de presse : Enquête publique Pure Salmon : participation historique, un rapport clé manque au dossier public, manifestation le 18 janvier au Verdon-sur-Mer
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
1/12/20264 min read
Téléchargez le Communiqué de Presse


À une semaine de la clôture, la participation à l’enquête publique bat déjà un record historique. L’absence du rapport d’expertise du BGRM sur le pompage de l’eau - sujet le plus controversé du projet - vient ébranler le processus. Riverains et pêcheurs se mobilisent le 18 janvier. Une coalition de 25 ONGs appelle à un moratoire de 10 ans sur les usines terrestres de saumons en France.
Mobilisation historique : les estimations révèlent 98% de contributions défavorables et un niveau de participation jamais atteint en France (8 500 contributions au 11 janvier). Localement, ce chiffre atteindrait 90%. C’est un un rejet massif et documenté contre ce qui serait le plus grand élevage intensif terrestre de saumons au monde. L’usine prévoit de s'installer entre deux aires naturelles protégées.
Un dossier public incomplet avec un manquement majeur qui vient remettre en cause le processus : le rapport BRGM de février 2025, principale analyse pour évaluer les impacts du pompage de l’eau sur les nappes phréatiques, n’a jamais été mis à disposition du public. Ce rapport conclut que “les paramètres calculés ne sont pas validés”, les besoins de pompage de l'usine étant 5,7 fois supérieur à l'étude.
"Ce rapport est indispensable pour l’enquête publique", dénonce Muriel Denet, porte-parole du collectif La Fraie Sauvage. Des experts en hydrogéologie, ayant analysé le dossier sous couvert d’anonymat, estiment que "les besoins en eau annoncés par Pure Salmon sont largement sous-évalués, avec des conséquences potentielles dramatiques pour les nappes et l’estuaire".
La contestation s'amplifie contre ce projet géant d’aquaculture industrielle dans un site à haute valeur écologique. Les craintes des riverains, après des années de "silence et de manque d’information", sont désormais audibles.
"Nous sommes une zone naturelle préservée depuis des générations. L’ensemble de notre territoire se retrouve chamboulé et mis en péril, nos emplois et notre tranquillité aussi", témoigne Muriel Denet, habitante de la pointe du Médoc. Samedi 10 janvier, au Verdon, une réunion publique a fait salle comble. 15 communes de la rive nord de l’estuaire ont déjà voté une motion contre le projet.
"Ce modèle productiviste est rejeté par les pêcheurs comme par les riverains. Il menace des équilibres estuariens vitaux pour la côte atlantique, le tourisme et les filières qui font vivre la pointe du Médoc", souligne Maxime de Lisle, co-directeur de l’ONG Seastemik.
Un manifestation décisive le 18 janvier au Verdon-sur-mer. La colère monte aussi chez les professionnels de la mer. "Notre écosystème est fragile, la France a investi des millions d’euros pour protéger l’Estuaire, nos métiers sont menacés. Nous serons là pour manifester", déclare Sandrine Thomas, pêcheuse locale. Face à l'opacité démocratique et aux risques environnementaux, une manifestation d’ampleur est prévue le 18 janvier au Verdon-sur-Mer, avec la participation de marins et de bateaux. Les organisateurs appellent à un "ultime rassemblement avant la fin de l’enquête publique" pour exiger l’abandon du projet.
25 ONG françaises* demandent à l’Assemblée Nationale un moratoire de 10 ans sur les fermes-usines de saumons en France. Parmi elles : Seastemik, Oxfam, Greenpeace France, la Ligue des droits de l’Homme, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Sea Shepherd France, Bloom, etc.


Le contexte de forte tension autour des modèles agricoles et alimentaires est marqué à la fois par la crise de la pêche locale, la mobilisation paysanne contre le Mercosur et la contestation croissante des accords commerciaux favorisant l’importation de matières premières et les déséquilibres de compétitivité et de rentabilité entre acteurs investisseurs et acteurs des filières locales. “Laisser avancer ces projets reviendrait à renforcer un modèle productiviste rejeté tant par les pêcheurs que par les agriculteurs, au mépris des engagements environnementaux et sociaux de la France.” explique Esther Dufaure, co-directrice de Seastemik.
Les collectifs réunis sous la bannière "Usines de saumons, non merci" réclament au préfet de Gironde l’ajout immédiat du rapport BRGM au dossier, une prolongation de l’enquête publique, un avis conforme du Parc Naturel Marin et une saisine de l’Ifremer. Ils interpellent directement le Président de la République et la Ministre de la Mer, Catherine Chabaud, pour mettre fin à un projet en contradiction totale avec les engagements climatiques de la France et instaurer le moratoire de 10 ans.
Liste des organisations signataires : Seastemik, 1Ocean, Anima, AVF (Association Végétarienne de France), Bloom, Blutopia, Data For Good, Estuaire 2050, Fondation pour la Nature et l’Homme, Gaia, Greenpeace France, La Fraie Sauvage, Ligue des droits de l'homme, Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), L214, Longitude 181, Oxfam, Pays Royannais Environnement, Pleine Mer, Sea Shepherd France, Solagro, Under the pole, Usines de Saumons Non Merci, WildLegal, Welfarm
